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 Lazaria, une vie nocturne

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Grande Archiviste
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MessageSujet: Lazaria, une vie nocturne   Lun 22 Juin - 13:04


« Lazaria Ygdal »
30 ans - Elfe Nocturne - Herboriste - Noblesse - Visionnaire

On dit que les elfes sont rapides, de par leur compréhension de la nature et par leur physionomie. Lazaria est plutôt furtive et marche lentement. Elle tient cette habitude de ces longues journées passées à explorer les Galeries Peintes pour chasser. Sa patience va de paire avec son agilité : escaladant avec facilité les montagnes les plus escarpées, sa silhouette fine lui permettait de se glisser lentement jusqu'au sommet. Elle possède sur elle plusieurs armes, même si elle ne les utilise que par besoin, souvent pour se nourrir. On peut trouver dans les revers de sa veste un poignard bien aiguisé, elle préfère les armes de proximité que de jet.

La seule évocation de son pouvoir pourrait faire trembler une assemblée, mais elle ne l'utilise que très peu et il est en réalité très limité. La jeune elfe peut contrôler le temps. Enfin, c'est un grand mot pour si peu. Elle peut figer le monde pendant seulement dix secondes et souvent elle ne le contrôle pas. De plus, après son utilisation, Lazaria est très faible et perd l'usage de la parole. Son pouvoir ne s'est manifesté qu'au bout d'une vingtaine d'années, le jour où elle perdit un être cher.

« En voulant à tout prix découvrir d'autres contrées, on oublie d'apprendre à se connaître soi-même »

Pour les hommes, les livres disent tout. Ils résument notre passé, notre présent et même notre futur. Comme si tous les événements étaient consignés et notre vie décortiquée entre quelques pages blanches. Mais pour les Elfes Nocturnes, il en va autrement. Ce sont les murmures de la terre, de l'eau et de la roche qui leur apprennent leurs premiers mots. Ils cohabitent avec la nature et montrent à leurs enfants comment la respecter. On ne trouvera pas de livres ni d'inscriptions et les habitations sont pour la plupart créées à même la roche. Nous vivons simplement. Les hommes se compliquent beaucoup l'existence. Et c'est cela qui rend leur monde si intéressant. Mais je n'ai pas vraiment envie de partir d'ici. Même si ma vie ici n'a été que tristesse et ressentiment, c'est mon royaume. Malgré tout, je dois accomplir cette tradition et faire ce pourquoi j'ai été élevée.

C'est ce que pensait Lazaria quand elle quitta la cité de Skur. Montant dans l'Erele, légère embarcation en bois tractée par des cordages, elle atteint ainsi la Brèche, seule sortie des Cavernes Nocturnes. La première chose qui la perturba en arrivant en Haut fut le soleil. Éblouie, la jeune elfe tenta de se protéger en brandissant ses mains devant ses iris dorés. Totalement désorientée, avançant au hasard parmi les rochers et l'herbe tendre, elle réussit à trouver une petite cavité peu profonde, mais suffisante pour l'abriter de la pluie et des personnes mal intentionnées. La recouvrant de branches et de feuillages, Lazaria était maintenant invisible aux yeux de tous. Même si elle avait toujours eu cette impression. Bientôt la nuit tomba, à son grand soulagement. Ses yeux appréciaient ce retour à l'obscurité. Mais il n'était que temporaire. Alors qu'une pluie fine mouillait le sol en effaçant les traces de ses pas, des lumières lointaines vinrent éclairer le paysage qui s'offrait à elle. Ces étoiles la laissaient songeuse. L'elfe nocturne repensa alors à sa vie qui s'était écoulée sans qu'elle ne s'en aperçoive. Si seulement elle pouvait encore courir dans les Grandes Esplanades...



Elle courait. Se faufilant entre les passants, les étals, les objets de toutes sortes. Elle fuyait quelque chose. Ou plutôt quelqu'un. Malgré son jeune âge, Lazaria savait déjà depuis longtemps comment se dissimuler dans la foule pour échapper à son abomination quotidienne. Mais son précepteur, Aragnil, ne renonçait jamais à la poursuivre, il irait même la chercher au plus profond des Cavernes Nocturnes si nécessaire. La petite elfe n'aimait pas rester sagement entre quatre murs, elle était plus attirée par les cris des badauds que par les discours ennuyeux. Mais elle n'avait pas le choix, c'était son devoir que de devenir une Visionnaire. Elle avait été désignée parmi tant d'autres pour partir à la découverte du monde d'en Haut. C'est pour cela qu'elle ne vivait pas avec les autres enfants, mais ceux de son rang, subissant une éducation destinée à la familiariser avec ce qui l'attendait. Pour Lazaria, c'était des études centrées sur les plantes et leurs effets. Cette spécialité non plus, elle ne l'avait pas choisie. Mais la jeune elfe savait qu'elle devait représenter sa famille avec honneur et dévouement, pour redorer leur prestige. Peut être qu'un jour, sa famille pourrait diriger l'Assemblée Peinte, décidant de tout dans les cavernes et au-delà. Pendant qu'elle réfléchissait à tout cela, cachée derrière un tonneau, son maître la trouva et l'attrapa, la ramenant de force aux Toits Saphirs. La vie de l'elfe semblait déjà toute tracée, pourtant ses yeux étaient toujours dirigés vers la brèche laissant apercevoir le ciel. Quand elle partirait en Haut, elle serait libre.

La liberté est en réalité une idée très abstraite. Lazaria le comprit quelques années plus tard. Lorsqu'elle commença à se sentir oppressée dans la cité de Skur, que les courses sur les Grandes Esplanades ne l'intéressaient plus, que les jeux d'enfants lui semblaient inutiles, elle comprit que la liberté n'était qu'un mirage inaccessible. Sa jeunesse était partie, était gâchée. Car lorsque l'on peut vivre pendant plus d'une centaine d'années, l'idée d'enfance passe soit très vite, soit dure beaucoup trop longtemps.

Alors qu'elle avait 22 ans, elle se sentait déjà une elfe accomplie. Sa silhouette grande et fine, ses yeux brillant d'une étincelle dorée, sa peau sombre s'harmonisant avec perfection avec sa tenue, tout cela faisait de Lazaria une elfe nocturne exemplaire. La seule contradiction à ce modèle imposé restait ses atours. En effet, lorsqu'elle prenait l'Erele pour rentrer dans sa demeure, ses pieds nus martelaient le sol avec légèreté. On la repérait de loin par sa démarche et sa tenue. Portant toujours la même cape écarlate descendant jusqu'à ses chevilles, elle se distinguait légèrement des autres. Celles qui habitaient les toits Saphirs portaient toutes de longues robes échancrées dans le dos, le doux tissu effleurant presque le sol. Mais la jeune visionnaire préférait une tenue plus pratique qui lui permettait d'être élégante et libre à la fois. Toujours de rouge et d'or, elle revêtait une tunique arrivant jusqu'à ses genoux, ainsi qu'un léger bas lui permettant de se mouvoir avec rapidité. Dans cet accoutrement, la peinture marquant son appartenance aux Saphirs était toujours cachée, elle ne voulait pas afficher ce dragon mangeant sa propre queue dessiné sur son dos. Enfin, un diadème argenté se mêlait à ses cheveux blancs, finissant le portrait d'une elfe se déplaçant avec aisance et assurance.

Son éducation l'avait forcée à se considérer comme quelqu'un à part, chargée de représenter sa race quand elle partirait. Lazaria avait changé, Lazaria avait grandi. Et en cet instant, elle ne regrettait rien. Sa volonté de s'échapper de ce lieu avait disparu. Ces nuits où elle se posait des questions sur son existence, sur son but, regardant la Brèche, n'étaient plus que des lointains souvenirs. C'est avec cette personnalité fière et provocante qu'elle rencontra Eldäron.

Parcourir les Galeries pieds nus. Entrer en contact avec la roche, marcher sans s'arrêter. Admirer les plantes et comprendre leur utilité. Faire que les Cavernes Nocturnes n'aient plus aucun secret pour elle. C'est ce que Lazaria faisait lorsque ses précepteurs la laissaient vagabonder. Finalement, ces années d'apprentissage n'avaient pas été vaines. Mais ce qui l'intéressait par-dessus tout, c'était de partir seule pour explorer les environs, avec le courage et l'émerveillement comme seuls bagages. Peut être qu'elle était trop enthousiaste. Ces excursions pouvaient en réalité se révéler dangereuses, même mortelles. Mais le pire, c'est que Lazaria adorait risquer sa vie, si cela pouvait égayer son quotidien et raffermir son ego. Mais un jour, pendant qu'elle recueillait des herbes pour concocter un remède, un Atamar planta son dard dans sa peau sombre. Cette créature minuscule, la plus redoutée des Cavernes était un insecte sécrétant un venin qui pouvait tuer le plus vaillant des chasseurs dans l'heure. Bien qu'elle eût appris l'herboristerie depuis sa plus tendre enfance, l'elfe ne connaissait aucun remède à la calamité qui venait de s'abattre sur elle. Les premières larmes commencèrent à se former au creux de ses yeux. Elle était perdue, elle l'avait toujours été. Des gouttes perlèrent sur ses joues, lui rappelant des souvenirs qu'elle aurait voulu oublier. Petite, Lazaria n'avait pas accepté le changement d'attitude de ses parents. Pour eux, elle n'était plus la petite Laz, elle était une Visionnaire. La jeune elfe se remémorait des souvenirs douloureux accompagnant ses larmes tandis qu'elle perdait connaissance. C'est alors qu'il vint.

Lentement, il prit la blessée dans ses bras et la porta jusqu'à sa demeure. Il soigna sa blessure, installa Lazaria dans un lit chaud. Pendant quelques jours, il prit soin d'elle sans dire un mot. Lorsqu'elle reprit connaissance, elle observa son sauveur. Des rides marquaient ses traits, même si son corps paraissait encore jeune et vaillant. A sa grande surprise, rien ne lui permettait de distinguer son appartenance sociale : aucune peinture n'ornait son corps et ses vêtements ressemblaient à des haillons. Elle ne savait pas comment réagir face à cet homme en dehors de la communauté.

«Tu vas mieux ? »

Sa voix semblait sortir du plus profond des Cavernes, grave et dure à la fois.

«Oui merci. Comment avez-vous soigné ma blessure ? Je ne connais pas de remède au venin d'Atamar. C'est impossible.»

Pour la première fois, elle vit apparaître un pâle sourire sur ce visage si sérieux.

«Tu es beaucoup trop sûre de toi, jeune Saphir. Tu es bien loin de connaître tous les secrets de l'herboristerie. Pour être fière de son savoir, il faut le transmettre.»

Ces paroles laissèrent perplexe Lazaria. Mais par défi, elle lui répondit tout de même :

«Alors apprenez moi ce que vous savez. Je veux tout comprendre.»

A sa grande surprise, l'homme accepta.

Pendant les mois, même les années qui suivirent, elle resta avec Eldäron, celui qu'elle appelle encore aujourd'hui maître. Bien que la visionnaire ai été formée pour devenir forte en tout point, son maître lui offrit d'autres savoirs. Il lui apprit le respect, l'humilité et l'importance de la vie. Cet elfe lui montra des endroits dans les Cavernes dont elle ignorait l'existence. Une semaine après leur rencontre, Lazaria avait déjà choisi qu'elle passerait sa vie à suivre ses enseignements. Toutes les contraintes qui l'attendaient à Skur ne lui manqueraient pas. La seule chose qu'elle regrettait, c'était de ne pas partir en Haut. Elle en parla à Eldäron qui lui répondit simplement :
«En voulant à tout prix découvrir d'autres contrées, on oublie d'apprendre à se connaître soi-même»

Ils auraient pu vivre comme cela jusqu'à la fin de leur longue vie. Les Cavernes lui semblaient infinies. Mais Eressëa voyait l'avenir de la jeune elfe bien plus Haut, bien plus grand. Jamais elle n'aurait pu imaginer les événements qui tachèrent son avenir. Quatre ans après son arrivée, lors d'une de leurs énièmes excursions, ils croisèrent un groupe de chasseurs qui s'étaient aventurés dans les confins des Cavernes. C'était pourtant un endroit très peu fréquenté, faisant partie des galeries où les pierres d'Emurie prenaient une teinte sombre. Leurs rires alertèrent les deux herboristes, qui n'eurent pas le temps de se cacher. Se retrouvant face à un visage connu, Lazaria ne savait que dire. Dans ce groupe de chasseurs ayant tout juste l'âge pour posséder une peinture, se trouvait quelqu'un qu'elle connaissait bien. Son frère. Il avait toujours voulu devenir chasseur, plus pour la reconnaissance de la communauté que par intérêt pour la traque. La jeune elfe ne pouvait s'empêcher de regarder ce corps chétif devenu fort et puissant, avec une magnifique peinture en forme d'Atamar dessinée sur sa peau. Après ce silence, celui qui accompagne les instants figés des retrouvailles, tout se passa très vite.

«Laz ? Tu es vivante ?»

«Tahral... Qu'est ce que tu fais ici ?»

«C'est la seule question qui te vient à l'esprit après quatre ans d'absence ?»

Elle baissa la tête, prenant conscience à présent de ce qu'elle avait laissé en partant de Skur. L'ancienne visionnaire pensait que c'était sa fonction qu'elle avait rejetée, mais c'était également sa famille qu'elle avait abandonnée. En prendre conscience lui fit un choc. Même si elle n'avait jamais aimé son frère, il avait raison.

«Et lui, qui est ce ?»

Elle jeta un regard bref sur son maître. Étrangement, elle lut de la terreur dans ses yeux. Habituellement, on ne percevait pas sa vieillesse au fond de ses iris. Mais à ce moment-là, il avait le visage de quelqu'un qui en a trop vu. Et qui sait comment l'histoire va se terminer. Comme s'il l'avait toujours su.

«C'est mon maître. J'habite chez lui à présent. Il m'a sauvé la vie, je passerai donc la mienne à suivre son enseignement. Si tu le permets, nous avons encore beaucoup de galeries à visiter, ne te mets pas en travers de notre route»

«Comment oses tu me parler sur ce ton ? Tu oublies qui je suis ? Tu n'es rien, tu n'as plus de peintures, plus de rang. Tu es comme ce pauvre homme, perdue. Nous sommes tous perdus par ta faute. Père et mère ne se sont jamais remis de ta disparition. Pourtant tu savais que notre place à l'Assemblée Peinte était suggérée. Par ta faute, nous sommes devenus des moins que rien. Nous n'avons même plus notre place chez les Saphirs. Je croyais que tu étais devenue une elfe fière et droite, mais je me trompais. Tu ne connais rien de l'honneur. Je te ramène à la maison. Tu vas finir ton enseignement et partir en Haut. Ce sera l'exil qui redorera le prestige de la famille»

Sans attendre sa réponse, Tahral agrippa Lazaria par le bras. Les autres chasseurs, comprenant la situation, arrivèrent pour lui prêter main forte. Mais la jeune elfe ne se laissa pas faire. Sortant un poignard d'un pan de sa veste, elle fit une légère entaille sur la peau sombre de son frère, se libérant ainsi de son entrave. Le liquide écarlate commençait déjà à couler sur le sol de la grotte. Lazaria s'était mise à courir, ainsi que son maître. Elle ne courait plus par jeu, comme quand elle était enfant, mais bien pour sa survie. Derrière l'elfe, son frère s'était lancé à sa poursuite. Sur son visage, on pouvait clairement voir qu'il chassait une créature récalcitrante. Elle. Pouvant traverser les Galeries Peintes même dans l'obscurité, la fugitive pensait avoir une chance. Mais elle sous estimait les capacités de son jeune frère, qui en réalité était un très bon chasseur, possédant la magie d'onde pour repérer ses proies. Alors qu'elle courait sans réfléchir, il se contenta de la contourner lentement pour l'encercler ensuite. Ne pouvant plus s'échapper nulle part, elle ne trouva rien d'autre à faire que de tenir la main d'Eldäron et de verser une larme. Lui parlait peu, comme toujours, mais entrelaça ses doigts entre les siens. Ils savaient que leur amitié et leur vie ensemble s'achevait aujourd'hui. Mais ils ne se doutaient pas à quel point.

Tahral s'avança lentement vers celle qui était sa sœur. Ses gestes saccadés marquaient sa colère, il ne pouvait s'empêcher de serrer ses poings en marchant. Arrivé face à Lazaria, le visage presque collé au sien, il dit simplement :

«Tu vas payer pour cet affront. Si tu ne veux pas venir de ton plein gré, je me vois contraint de t'y obliger. C'est pour toi que je le fais. Pour notre famille.»

Il sortit sa plus grande épée, la leva au-dessus de sa tête et transperça la chair. Le liquide encore chaud goutta, maculant les guenilles. Tout paraissait figé, dans une atmosphère irréelle. Mais personne ne tomba, personne ne cria. Les mots, les choses s'étaient arrêtées. Seule une petite fille sanglotait, tenant encore dans ses bras l'être aimé. Eldäron gisait sur le sol, figé dans une dernière expression étrangement sereine. Le maître était peut-être arrivé aux mêmes conclusions que les chasseurs. Il était une gêne pour les projets de la famille Ygdal, il devait disparaître. Alors, il avait accepté cette mort qu'on lui offrait. Le moment était venu pour lui de rejoindre la nature. Mais Lazaria, elle, n'avait pas accepté sa disparition. L'homme qui lui avait tout appris ne pouvait pas mourir devant ses yeux, c'était inconcevable. C'est ce jour-là qu'elle découvrit son pouvoir. Ce n'est pas rare chez les elfes que la magie se manifeste plus tard que chez les hommes, par rapport à leur longue vie. Dans le trop plein d'émotion, de traumatisme, elle arrêta le temps durant une dizaine de secondes. Pendant cet arrêt, la jeune elfe prit le corps inerte d'Eldäron dans ses bras, laissant couler des larmes sur ses joues. Peut être que si elle s'était précipitée pour le protéger, il serait encore là, peut être qu'il aurait pu lui glisser quelques mots à l'oreille pour la rassurer. Elle ne voulait pas lui dire adieu. Il était parti d'une mort injuste et ingrate, Lazaria ne pouvait rien changer à cela. Contrôler le temps ne lui servait à rien. Car toujours il reprenait son cours, comme si rien ne s'était passé. Alors enfin les cris retentirent, l'étonnement, la peur. Tahral rattrapa par réflexe sa soeur qui venait de s'évanouir dans ses bras. Les larmes ruisselant sur ses joues, elle ne se vit pas perdre connaissance. L'utilisation de son pouvoir, qu'elle refusa ensuite de développer et les émotions la plongèrent dans un profond sommeil. Elle se réveilla cinq jours plus tard, dans son ancienne chambre. Son regard vide fixait la Brèche, comme si c'était devenu son seul but. Elle aurait voulu ne plus penser. La jeune visionnaire allait devoir s'oublier pour parcourir le monde.



Lazaria n'arrivait pas à trouver le sommeil. Les souvenirs de son passé l'obligeaient à veiller, tant la jeune elfe avait été marquée par certaines périodes de sa vie. Autour d'elle, d'étranges bruits se faisaient entendre. Le Haut avait l'air tellement différent et il lui tardait de le découvrir. Mais pour cela, elle était persuadée que le passé devait être accepté. Pour avancer, la visionnaire n'avait pas le choix, elle ne pouvait plus ressasser les mêmes événements. Alors elle finit calmement de raconter la fin de son histoire aux étoiles, seules compagnes en ces heures tardives.

Après son réveil, elle reprit sa formation de Visionnaire là où elle l'avait abandonnée. C'est comme si les meilleurs moments de sa vie n'avaient été qu'une parenthèse, comme si rien ne s'était produit. Elle aurait voulu pouvoir oublier et faire comme si de rien n'était, mais personne ne pouvait lui enlever le souvenir de son maître. Alors pour lui, elle devint une Visionnaire assidue, noyant ses larmes dans ses décoctions médicinales. Le savoir fut pour elle le seul remède qui refit jaillir les étincelles dans ses yeux. La connaissance et l'herboristerie étaient les seules choses qui la maintenaient en vie. C'est pour cela que les dernières années de sa formation, elle changea. Certains avaient l'impression que la Lazaria un peu trop sûre d'elle avait laissé place à une autre personne. Son frère peinait à la reconnaître et désignait son maître comme responsable de son trouble. Mais en réalité, l'elfe nocturne avait juste grandi.

Après tant d'expériences en dehors de la communauté, elle pouvait la juger avec plus de discernement. Et ce qu'elle vit ne lui plaisait pas. Cette société renfermée sur elle-même, refusant l'aide et la culture d'autrui, elle ne représentait pas son idée de la vie. Pour cette raison, elle devint plus distante avec les siens, plus froide. Lazaria avait été quelqu'un d’extrêmement vif, d'intéressé, pouvant parcourir pendant de longues heures les Galeries sans se lasser. Mais après sa mésaventure, elle était calme et posée. Très vite, elle préféra le savoir aux contacts autant physiques que moraux ; beaucoup la courtisaient (souvent pour son rang) mais aucun ne reçut ses faveurs. Seule la connaissance l'intéressait, la vie au-delà de la Brèche. Elle posait beaucoup de questions à ses précepteurs, anciens Visionnaires, sur les us et les coutumes des hommes. Cette vie qu'elle ne connaissait pas, différente de celle qu'on lui avait imposée ici, semblait pleine de promesses. Et Lazaria s'était jurée de devenir une autre, pour ne jamais oublier ce jour là. Une elfe cultivée, volontaire, droite, juste, patiente et calme, mais aussi froide, distante et mystérieuse. Plus jamais la Visionnaire ne voulait partager sa route avec quelqu'un.

Et elle était là aujourd'hui, prête à découvrir le monde. Autrefois, elle pensait qu'en ce jour elle sortirait des Cavernes la tête haute, fière. Mais en réalité, alors que la pluie tombait encore devant son refuge de fortune, Lazaria repensait à la phrase du vieil Aldäron. La jeune elfe allait dire au revoir à sa demeure sans même savoir qui elle était vraiment. Persuadée de sa nouvelle identité, elle avait avancé sans réfléchir. Mais maintenant tout cela n'avait plus d'importance. Elle avait besoin de voir d'autres visages, de sortir de cette grotte où elle étouffait. Lorsqu'elle traversa enfin la Brèche, c'était comme si la cicatrice béante au fond de son cœur s'était un peu refermée. Maintenant, elle pouvait vivre, même si elle devait suivre les instructions que lui enverrait l'Assemblée Peinte. Le jour venait de se lever, comme un appel à la liberté. Sans un mot, elle suivit donc ce chemin qui se profilait à l'horizon.

« ce qu'il faut savoir sur moi »
les petits détails font toute la différence

Possédez-vous un familier ou une monture ? N'aimant guère les chevaux, l'elfe préfère se déplacer à pied. Pour ce qui est d'un compagnon de route, elle n'en a pas. Bien que Lazaria aime les petites bestioles, en particulier les rongeurs, elle a préféré ne pas en emmener un avec elle, de peur que celui-ci soit dépaysé dans les contrées d'en Haut.

Quelle est votre situation actuelle ? Après sa sortie des Cavernes Nocturnes, Lazaria a beaucoup voyagé. Cela fait déjà deux ans qu'elle fréquente les hommes et leurs coutumes, maintenant familiarisée à la société humaine. Elle parcourt Elden à la recherche de plantes rares, en l'attente d'une quelconque demande des Elfes Nocturnes. Sa réputation en tant qu'herboriste est assez honorable, cela arrive que l'on vienne la consulter pour partager ses connaissances. En échange, elle approfondit ses recherches sur le monde d'en Haut, que ce soit en herboristerie ou en histoire. Lorsqu'elle n'est pas sur les routes, l'elfe possède une petite habitation à Delma, la cité des artistes et des savants. Une vie paisible en somme, tout le contraire de ce qu'elle a connu.

Quelle est votre position par rapport à la religion ?Lazaria croit en Eressëa, en son pouvoir et en sa bonté. Fervente croyante plus par habitude que par choix, prier les dieux créateurs lui semble essentiel pour la réussite d'un projet. Pour autant, elle accorde du crédit seulement au Dieu créateur des Elfes Nocturnes, trouvant les autres lâches et égoïstes. Ce n'est que sa propre interprétation des croyances elfiques, une sorte de façon de se libérer des règles strictes que ses parents lui ont imposées. Le seul acte religieux, outre les prières, qu'elle a commencé à pratiquer une fois sortie des Cavernes, c'est se rendre au pied de l'Arbre Monde, où tout a commencé.

Que pensez-vous de l'exploration des Contrées Sauvages ? Lazaria trouve intéressante cette opportunité de découvrir de nouvelles contrées. Avide de connaissance, elle serait bien tentée de rejoindre l'aventure. Elle n'oublie pas que cela pourrait être un avantage pour son peuple et en tant que Visionnaire, elle se doit d'en faire partie.

Quel est votre rapport vis-à-vis des dragons ? Très familiarisée avec les dragons fourmillant dans les Cavernes Nocturnes, la jeune elfe les considère comme des êtres vivants comme les autres, ne les rabaissant pas mais ne les considérant pas comme des dieux non plus. De ce fait, elle fût relativement intriguée par le traitement que subissaient les dragons en Haut. La plupart d'entre eux n'étaient que de simples bêtes de somme, des messagers ou des guerriers. Lazaria n'apprécie guère cet asservissement, mais elle trouve la situation des dragons plus enviable que celle des Hybrides... Si on lui pose la question, elle répondra tout simplement qu'elle ne voit pas pourquoi les personnes du Haut se préoccupent autant de cette espèce comme les autres. Mais la jeune elfe n'a jamais encore rencontré de dragon cracheur de feu ou gigantesque...
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